Lorsque le texte s’efface
Quand on est seul, face à nous-mêmes, quand on oublie nôtre rôle social, quand on n’attend plus rien de personne, on atteint ce que j’appelle notre « ligne de résonance ».
Cette ligne n’est jamais la même d’une personne à l’autre, mais on peut la partager.
En écrivant, je m’aperçois que tous mes personnages partagent la même ligne de résonance. Ils peuvent avoir des rôles sociaux détestables, être cruels, ne pas partager les mêmes envies ni la même vision du monde. Mais lorsqu’ils sont seuls et s’oublient à eux-mêmes, ils finissent par partager la même ligne invisible.
C’est pour cela que je cherche à travailler avec des comédiens et comédiennes qui partagent ma ligne de résonance. Parce que lorsque le texte s’efface, lorsque seuls les regards et les silences comptent, la partager devient essentiel pour continuer à raconter le cœur de l’histoire.
Définir cette résonance me semble impossible.Je dirais simplement qu’elle naît d’un mélange de mélancolie, de contemplation, de tendresse et d’oubli. Et qu’elle se voit au fond des yeux, là où il est impossible de mentir.