Petite analyse de mes projets réalisés et en cours d’écriture
Le noyau commun
Des personnages en décalage
Des êtres qui ne sont pas là où on les attend, ni socialement, ni émotionnellement, ni symboliquement. Ils traversent des espaces intermédiaires, physiques ou mentaux, où le réel vacille légèrement. Ce sont des récits intimes, mais toujours inscrits dans un monde social identifiable.
Autour de ce noyau gravitent 5 axes structurants (toujours présents, mais avec des intensités différentes).
Axe 1 : Identité et métamorphose
Qui suis-je quand je ne corresponds plus au rôle prévu ?
Beard Club Une identité fragmentée, un alter ego qui devient un personnage à part entière.
I am Mia L’identité comme construction instable, faite de souvenirs partiels et de récits recomposés
La jeune fille qui rêvait d’être un lama Le désir de devenir autre comme refuge poétique face au monde adulte
DRAMA Une identité qui se redéfinit au contact du regard des autres, entre désir d’intégrité et nécessité de compromis
A Quiet Life L’individu confronté à une trajectoire prédite, calculée, normée
Nos pères qui sont aux cieux L’identité héritée, familiale, sociale. Et la possibilité (ou non) de s’en libérer
Le secret des lucioles Une identité qui se construit à travers la mémoire, la filiation et les récits transmis entre générations
L’identité comme un mouvement, et pas un état figé.
Axe 2 : Dispositif, le récit comme expérience
Ce n’est jamais “juste une histoire”.
Beard Club Un univers sans dialogues, un tunnel musical immersif avec voix off
I am Mia Un récit puzzle, où la forme impose au spectateur une reconstruction active de l’histoire
La jeune fille qui rêvait d’être un lama Le lama est un personnage à part entière, dont le silence et les gestes servent de miroir aux enfants
DRAMA Un récit en mise en abîme, où la forme se reconfigure à mesure que l’histoire cherche à devenir acceptable
A Quiet Life Application fictive qui influence le réel
Nos pères qui sont aux cieux Une station-service comme espace unique, lieu de passage devenu théâtre de confrontations intimes
Le secret des lucioles Récit éclaté en plusieurs temporalités, où la structure elle-même devient porteuse de sens
Point commun : Le dispositif raconte autant que les personnages.
Axe 3 : Entre réel et invisible
Toutes les fictions se situent sur une ligne floue : mémoire et oubli, réel et imaginaire, concret et symbolique
Beard Club Une voix off qui raconte l’histoire ressentie, jamais ce qui arrive
I am Mia La mémoire comme territoire intermédiaire, où le passé ressurgit sans jamais se fixer complètement
La jeune fille qui rêvait d’être un lama Le lama comme projection intérieure
DRAMA Un film qui se réécrit en permanence, révélant l’écart entre le vécu et le raconté
A Quiet Life Un algorithme invisible qui influence le réel sans jamais se matérialiser
Nos pères qui sont aux cieux Un lieu hors du temps, où le quotidien se charge peu à peu d’une dimension symbolique
Le secret des lucioles La mémoire familiale et les récits enfouis qui traversent le temps
Ce n’est jamais du fantastique pur, mais un léger pas de côté.
Axe 4 : Le collectif vs l’isolement
Les personnages sont « seuls ensemble »
Beard club Un alter ego imaginaire comme seul moyen de partager sa vision de la réalité
I am Mia Une identité qui se dilue dans le regard et les attentes des autres, jusqu’à perdre ses contours propres
La jeune fille qui rêvait d’être un lama Enfants / adultes incapables de se dire
DRAMA Un créateur pris dans un système de validation collective, où l’échange devient à la fois moteur et contrainte
A Quiet Life Un groupe qui s’isole du monde extérieur à cause de leur création
Nos pères qui sont aux cieux Un duo contraint de coexister, révélant la difficulté de faire lien quand tout oppose
Le secret des lucioles Familles et lignées reliées par un passé commun difficile à porter
Le lien humain est désiré, jamais simple.
Axe 5 : Présences et absences
Les récits sont habités par des personnages isolés, évoluant dans des décors vides et très graphiques. La rareté des figurants et l’effacement du monde alentour ouvrent des espaces de contemplation, où le temps semble suspendu et l’attention se porte sur les gestes, les silences et les états intérieurs. Dans ces zones de retrait, la voix off et la musique ne viennent pas illustrer l’image, mais prolonger ce qui ne peut pas être montré ou dit.
Le lien comme enjeu dramatique
Les personnages sont rarement seuls, mais rarement ensemble de manière fluide. Famille, groupe d’amis, duo imposé, collectif éclaté : le lien est toujours fragile, conflictuel, en construction. La question n’est pas “être ensemble”, mais comment rester relié sans se perdre soi-même ?
Ces projets forment un ensemble cohérent autour :
- de récits intimes ancrés dans le social
- de personnages en marge ou en transition
- de dispositifs narratifs forts mais accessibles
- d’un ton oscillant entre réalisme, poésie et léger pas de côté
Chaque fiction explore une facette différente d’un même territoire : celui des identités contemporaines à l’épreuve du monde.
Mes fictions explorent des personnages en décalage, confrontés à des dispositifs (narratifs, sociaux ou technologiques ) qui déplacent légèrement le réel. À travers des formes variées, elles interrogent l’identité, l’héritage et le lien, dans des espaces intermédiaires où l’intime rencontre le collectif.
Les projets cités :
Beard club
I am Mia
La jeune fille qui rêvait d’être un lama
DRAMA
A Quiet Life
Nos pères qui sont aux cieux
Le secret des lucioles